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Singapour | la multiculturelle

Quelques sept heures d’avion séparent Tokyo de Singapour, mais c’est un tout nouveau monde qui nous attendait en sortant de l’aéroport Changi. Il faisait au maximum 10 degrés à Tokyo, il en fait ici 35.


Hormis ses magnifiques parcs, Tokyo est surtout grise (du moins à cette période de l’année). Singapour porte quant à elle très bien son surnom de « Garden city ». Partout, la végétation est luxuriante. Partout, y compris sur les piliers des autoroutes, des maisons et même au sommet du Marina Bay Sands, le fameux hôtel dessiné par Moshe Safdie, le même architecte canadien auquel nous devons Habitat 67.


Contraste dans le bruit aussi, d'abord de la circulation – les nombreux propriétaires de voitures luxueuses aiment pétarader leurs moteurs dans la nuit – mais ensuite des oiseaux.



À Tokyo, nous avons entendu quelques croassements de corbeaux et ce sont les seuls oiseaux que nous avons vus. À Singapour une multitude d’oiseaux agissent comme réveil matin nous rappelant que ce « jardin urbain » pourrait fort bien prendre le contrôle de la ville s’il n’y avait pas en permanence une armée d’indiens qui entretiennent cette belle verdure. Cette force de travail elle-aussi étonne, car à Tokyo, les ouvriers sont tous japonais et pour cause, le Japon (du moins ce que nous en avons vu, donc très peu) est complètement homogène. Alors que Singapour est une cité partagée essentiellement entre Chinois, Malais et Indiens. La langue anglaise fédère – semble-t-il – tous ces gens, de sorte que notre « bilinguisme » canadien (à supposer qu’il existe en dehors de l’axe Ste-Catherine/St-Laurent) semble ridicule lorsque l’on porte le regard sur les affiches singapouriennes écrites en anglais, en malais, en mandarins et en tamoul!


Ce multiculturalisme s’exprime parfois de drôles de manières : on rencontre en plein quartier chinois un temple hindou; sur une même rue, un temple bouddhiste et un temple hindou se côtoient. Les gens passent de l’un à l’autre dans un pragmatisme religieux qui détonne avec la rigueur habituelle des religions du Livre. Car, au premier regard, tous ces gens se fréquentent de manière totalement respectueuse et, en s’emportant un peu (trop ?) on pourrait penser que la petite Cité-État de Singapour (petite, mais deuxième ville la plus densément peuplée au monde) constitue un modèle d’ouverture et de respect de la pluralité.


Pourtant, il faudrait assurément nuancer ce portrait, car à Singapour, la « République » est un mot plus qu’un fait. Le gouvernement y est autoritaire, les comportements fortement règlementés (gomme à mâcher interdite !) et la police (souvent en civil, donc invisible) omniprésente.


Singapour constitue surtout l’exemple même des cités futures du capitalisme avancé : un maximum de liberté économique pour un minimum de liberté politique. Partout, des centres d'achats surgissent avec leurs boutiques toutes plus luxueuses les unes que les autres. Le paysage de Singapour est entièrement marqué par la marchandise. Autre signe: vu du ciel, le dense réseau de bateaux annonce le flux des capitaux.



Singapour c’est donc un paradis, oui : pour les banquiers, les investisseurs, les blanchisseurs d’argent ... et les touristes.



La cité de Singapour se révèle donc tous les jours un peu plus complexe !

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©2019 Les Brouilleville en vadrouille (avec l'aide de Chad Gourville).